Présentation

Nicole Morgan reprend quelques-uns des événements marquants d’une présidence nord-américaine issue d’un monde immobilier qui érige des tours pour illustrer sa toute-puissance et qui, sous les apparences de caprices adolescents, puise dans le pathologique et le symbolique pour saper les institutions que ses concitoyens soutiennent.

Mohammad H. Tamdgidi entreprend de rétablir une sociologie qui dépasse ses limites épistémiques et sa méthode dualiste de tradition newtonienne. Il propose d’ouvrir la discipline aux ressources de la théorie quantique, d’aborder la “chose sociale” par la méthode non dualiste, non réductrice, transculturelle et transdisciplinaire de l’espace-temps du 21e siècle.

Bernard Guy situe le domaine des sciences humaines et sociales dans la perspective de la trilogie temps/espace/mouvement. La convergence du temps et de l’espace en un mouvement unitaire s’incarne en de multiples formes et relations qui permettent de replacer les disciplines au sein d’une dynamique originale.

Alain Policar revient sur quelques-uns des concepts utilisés par Bruno Latour pour lier vérité et réalité sociale. Il commente en particulier la méthode constructiviste qui lie les activités scientifiques à leurs cadres sociaux. De ce point de vue, le savoir ne peut découler de la démonstration logique, mais dépend de la subjectivité ou de l’intérêt du chercheur.

Piere Calame présente son dernier ouvrage, consacré à l’évolution des responsabilités individuelles dans le cadre du contrat social. On trouvera en introduction la préface rédigée par Mireille Delmas-Marty, qui situe cette étude dans le cadre juridique. Elle rappelle le rôle des juges dans la défense des droits, mais souligne aussi la responsabilité des individus dans la défense des biens communs, dont la planète est l’élément central.

Haider . Khan revient sur les conséquences économiques de la pandémie du COVID-19 au niveau mondial. Il pose la question d’un éventuel déclin de la puissance américaine et souligne l’incertitude de la position chinoise et la probabilité de tensions croissantes, mais écarte celle d’un affrontement direct entre ces deux puissances.

Nicole Morgan revient dans un deuxième texte sur les questions posées par la révolution agricole la plus radicale depuis la sédentarisation des populations au cours du néolithique, et les conséquences sociales et hygiéniques dont on ne mesure pas encore les effets à long terme sur l’histoire de l’humanité.                                                      

Après la relation publiée dans notre précédent numéro de l’expérience vécue au procès pour crimes de guerre de Nuremberg comme assistant de l’un des juges français en 1946, Yves Beigbeder extrait de son journal quelques notes personnelles sur le déroulement ultérieur de sa carrière, ainsi que des commentaires politiques sur les événements marquants de ces dernières années.

Pierre Calame analyse dans un deuxième texte la portée de la Convention citoyenne sur le climat du point de vue des engagements de chaque citoyen, alors que les accords internationaux et les promesses des gouvernements sont rarement respectés. L’une des stratégies serait de fixer à chaque citoyen un quota d’énergie fossile dont il puisse vendre ou acheter librement une partie à ses voisins.

Dans leur commentaire sur les mesures de stimulation liées à la pandémie du COVID-19, les experts mondiaux Josef Settele, Sandra Díaz, Eduardo Brondizio et Peter Daszak évaluent les rapports de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) relatifs aux effets de la pandémie sur la faune, la flore et la biosphère en général.