L’ennemi universel

L’ennemi universel

Nicole Schwartz-Morgan

Anciennement professeure associée au Collège militaire royal du Canada. Correspondante de la revue Futuribles pour l’Amérique du Nord. Ses recherches portent sur les effets de la mondialisation sur l’écologie humaine. Elle a publié notamment Le Manuel de recrutement d’Al-Qaïda (Seuil 2007, en collaboration avec Mathieu Guidère), Le Sixième Continent (Librairie Vrin, 1996) et Haine froide (Seuil, 2012).

 

« La politique est la continuation de la guerre par d’autres moyens »
Michel Foucault

 

RésuméDans le courrant de mondialisation, l’ennemi extérieur a perdu une partie de ses frontières sémantiques au même titre que l’État nation et ses appendices institutionnels (armée de métier et police d’état par exemple.) Une pléthore d’études tente de remettre de l’ordre dans un chaos qui n’épargne aucune sphère de la pensée politique. On porte en revanche moins d’attention est à l’évolution du concept « d’ennemi intérieur » lui préférant celui, apparemment plus clair de « terroriste. »

Le but de cette étude est de tenter de repenser le terme dans le nouvel espace-temps.

 

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La construction de soi

L’identité qu’elle soit individuelle[1], tribale[2], culturelle[3] ou nationale[4] n’a émergé que par rapport à l’autre, construit dans le présent ou absent, fantasmé ou réel, idéalisé, admiré, méprisé ou honni. Il n’y a pas de « nous » sans « eux», de « moi » sans « toi »[5], d’ « humanité » sans « animalité »[6]. Nous nos définissons en partie au négatif, par ce que nous ne sommes pas.

« Le barbare » alias « l’étranger »,  « l’allié » ou « l’ennemi » sont donc concomitants à la perception d’une identité nationale au point où certains, comme Carl Schmitt, voient la relation « ennemi/ami » comme constitutive de la politique, le garant essentiel de la stabilité de l’État-nation, une partie intégrante de la construction des États modernes[7]. Les nationalismes se forgent autour d’un ennemi que l’on ne cherche ni à rallier ni à persuader et que l’on dénonce quelquefois sans nuances afin de renforcer la cohésion autour du chef[8]. En ce sens, l’ennemi politique appartient à la sphère publique, représentant  d’une communauté qui construit sa propre identité en miroir.

« L’ennemi au sens politique, ce n’est pas l’inimicus, c’est l’hostis, c’est-à-dire l’ennemi public, pas l’ennemi privé. En cela, il n’implique aucune haine personnelle, car l’ennemi est un ennemi de la communauté – que cette communauté soit une confession, une classe, un peuple, un État -, et il est lui-même une communauté ou un membre de cette communauté ».[9]

Mais l’hostis n’est pas qu’extérieur, il s’infiltre et devient « intérieur » au fur et à mesure que les états conquièrent, annexent, absorbent, se divisent en classes, groupes ou groupuscules.

Comme son homologue extérieur, l’ennemi intérieur est une construction politique, condamné quelquefois à une mort réelle sous le mode de l’extermination.  Mais parce qu’intériorisé, mêlé aux nationaux et donc  « caché » son image devient floue et sa construction fragile et instable. Tout au plus peut-on, commeYves Viltard, faire une distinction entre l’ennemi exogène associé à un ennemi extérieur à la communauté et l’ennemi strictement endogène et produit, sécrété par la société elle-même[10].

  1. Le premier cas de figure paraît simple à définir. Il est en effet associé à un ennemi extérieur désigné (un pays) et bien que caché au départ il est dévoilé lorsque sa « couverture » tombe. L’on cherche des preuves d’appartenance au groupe ennemi (cartes de parti, communications à réseaux) et d’hostilité (sabotage, espionnage, noyautage.)  Le fardeau de la preuve revient à l’État dénonciateur et à ses institutions de contre-espionnage, elles aussi opérant dans le secret. Car « pour le révéler, l’exposer au grand jour, il faut des professionnels particulièrement habiles. On trouve là au passage de bonnes raisons pour la mise en place d’institutions spécialisées dans son identification et sa traque. Le FBI américain en est l’exemple paradigmatique. » [11]

L’histoire est longue en dénonciations d’espions réels (de Mata Hari au pilote du U2), d’espions boucs émissaires (de Louis Dreyfus à Julius et Éthel Rosenberg), de « traîtres » virtuels persécutés au cours de chasses aux sorcières perpétrées par des arrivistes en mal de publicité (le sénateur Mc Carthy) ou des paranoïdes acharnés (que nous ne nommerons pas.) L’histoire moderne a fait passer ces « ennemis » de l’ombre au grand jour car tous, lors de procès célèbres, furent revendiqués devant les media comme autant de prises de guerre ou prises politiques.

  1. Ils furent ce faisant perçus non plus seulement en tant qu’individus travaillant pour l’ennemi mais aussi comme représentant un groupe (juifs, immigrés, homosexuels, etc..) qui est soupçonné de complicité tacite ou active. « Ainsi, selon les contextes, l’ennemi intérieur sera représenté par une figure différente. Il sera le révolutionnaire, le converti, le Juif, le communiste, l’immigré, l’hérétique, le traître, la cinquième colonne, etc. ». [12] L’ennemi devient alors « endogène » plus produit que jamais d’une désignation politique qui ne parle plus de « pays ennemi » précis mais de « races », d’ « idéologies » ou d’« opinions» nocives infiltrées dans le tissu social. [13] « … pendant la Guerre Froide, le communisme – et tout ce qui depuis les films hollywoodiens jusqu’aux mouvements de libération, pouvait être identifié comme communiste – constituait la figure de l’ennemi à partir de laquelle se construisait le discours de la menace. C’était une menace unifiée et identifiable qui engendrait une figure de l’ennemi pouvant s’articuler avec la notion de cinquième colonne c’est-à-dire ceux qui comme « les intellectuels déviants » étaient accusés de soutenir la cause de l’ennemi situé à l’extérieur ». [14]

Ajoutons à la liste pour faire bonne mesure et l’actualiser dans les pays occidentaux : le « musulman », le « pro-vie », « le pro-choix », le « séparatiste », « la féministe », « le gay », « le drogué », « le sans abris », le « jeune » ou le « terroriste ».

Dans les pays dictatoriaux à économie aussi fragile que les traditions démocratiques, le génocide de l’ennemi intérieur reprend la logique de l’holocauste des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale. Il s’agit de trouver un bouc émissaire et de « considérer une partie de la population d’un pays comme un adversaire intérieur, i.e. comme un corps étranger qu’il faut éradiquer à tout prix… surtout quand la monopolisation des ressources militaires et communicationnelles par le gouvernement lui donne une grande marge de manœuvre à l’égard de l’opinion internationale…. Aussi l’expression de génocide apparaît-elle souvent dans la littérature sur le tiers monde pour caractériser ces situations ».[15]

Les cibles changent mais nous restons dans uns tradition qui permet au Général Dallaire de serrer à nouveau la main d’un diable tenace[16]. Platon nous avait prévenu : si nous insistons à rester dans la grotte aux illusions i.e., la politique,  « il n’y a jamais rien de nouveau sous le soleil ». D’où sans doute le regain de popularité des travaux théoriques de Nicolas Machiavel ou de Thomas Hobbes, des recherches historiques de Jean Delumeau[17] ou l’engouement pour les analyses contemporaines de Samuel Huntington[18]. La vieille peur au ventre « construit » aujourd’hui comme hier, le « soi » contre « l’autre »,  l’union politique contre l’ennemi – extérieur ou intérieur, la « communauté » contre le démon.

Ajoutons que des pays comme les Etats-Unis pour ne citer qu’un utilisent l’ennemi intérieur et extérieur pour se construire. « Il nous faudra rappeler enfin que la recherche de nouvelles figures de l’ennemi a commencé dès les années 1980, bien avant la suppression de la menace communiste. Les politiciens et les agences de sécurité ont évoqué une multiplication de dangers venant du terrorisme international, de la mafia, du trafic de drogue. Ils ont même évoqué « l’ennemi japonais » envahissant Hollywood, l’« ennemi coréen » envahissant l’industrie automobile, mais ces figures ont vite été oubliées. Elles constituaient peut-être un danger sectoriel mais non pas une menace susceptible de structurer une politique et un discours cohérents. Dans ce nouveau contexte, il fallait trouver un autre visage à l’ennemi, un visage qui a trait aux nouvelles préoccupations de sécurité, celles qui reposent sur les questions de culture, d’identité, d’harmonie de la nation, d’équilibre démographique et sur l’ordre public. En effet, avec l’élargissement du spectre de la sécurité à de nouveaux secteurs et objets , on se recentrait davantage sur la sécurité à l’intérieur du pays que sur la menace externe . Ainsi, il ne s’agissait plus seulement de contrôler le passage des frontières, mais de surveiller les possibles menaces culturelles, identitaires, démographiques, écologiques, etc. Peut-on dire que ces préoccupations ont fait glisser la notion d’ennemi de l’extérieur vers l’intérieur ? » [19]

 

La destruction du soi

Cela dit le contexte politique, technique et économique a changé et continue de changer de manière si rapide qu’il est peut être temps de cesser de consulter les anciens si l’on veut relever deux défis sans précédent, à savoir la disparition des référents politiques et l’émergence d’une anarchie internationale.

  1. En effet, toutes les anciennes distinctions de la vie politique sont en train de s’effondrer non seulement avec le mur de Berlin comme le voudrait Zaïki Laïdi[20], mais sous l’impact des nouvelles technologies qui imposent de facto une économie universelle qui a réduit la sphère politique comme une peau de chagrin. «  dans le contexte international actuel…la  globalisation, la  transnationalisation, la  déterritorialisation et la suppression des frontières remettent progressivement en cause la différence absolue entre l’interne et l’externe, le national et l’international, le public et le privé » L’émergence des armées privées illustre la disparition des référents classiques. L’officier à la jeune retraite,  qui vend ses services à des puissances étrangères n’est plus un « ennemi intérieur », un « traite » mais un homme qui sait vendre ses services. P.W Singer[21] nous décrit ces nouveaux « mercenaires »  qui ne sont plus les « affreux » qui s’occupaient des basses besognes[22]. Nous sommes dans une autre dimension puisque les nouvelles armées privées sont hautement technologisées et prennent leurs ordres d’un pouvoir international polymorphe qui ne défend sur une base permanente, aucun État, aucune frontière,  aucune foi, aucune loi, aucun droit, et n’a donc à proprement parler aucun « allié », aucun « ennemi » sinon un nouveau type d’ennemi à la mesure de la transnationalisation : le terroriste global.
  2. Deuxième point : le terrorisme prend une nouvelle dimension. Certes, pas plus que le mercenariat, il est un phénomène bien nouveau dans l’histoire des nations. En fait si, en 1900, l’on avait demandé aux représentants politiques de l’époque quel était le danger le plus menaçant du siècle naissant, ils auraient sans nul doute désigné les terroristes ou anarchistes qui faisaient déjà les manchettes des journaux en s’attaquant aux symboles du pouvoir : Archiducs, tsars, rois et impératrices.

Et de fait, ce terrorisme à l’ancienne existe encore retrouvant des accents de guerre sainte, semant le désordre (et donc la peur) en s’attaquant aux symboles du nouveau pouvoir corporatif (le World Trade Center par exemple), mais il est maintenant à la mesure de la mondialisation dans la mesure où il peut, de l’intérieur comme de l’extérieur anéantir la planète :

  1. de l’extérieur, l’hyper terrorisme comme le désigne Thomas Homer-Dixon[23] peut profiter de la faiblesse inhérente des systèmes complexes.
  2. de l’intérieur il peut faire éclater non seulement les sociétés civiles rendues anarchiques[24], mais les « citoyens » dont la psyché est ne peut plus assimiler le changement et littéralement éclate sous les pressions[25]. « Snipers » ou « hackers » sont devenus l’ennemi intérieur de la mondialisation. Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’une recherche web  sur le concept d’ennemi intérieur désigne dans les pays anglophone le « hacker[26] » qui menace l’économie mondiale alors qu’il désigne encore une entité politique sur le web francophone.

Le fait est qu’un vortex de haine et de destruction est en train de se créer dans un monde qui n’a plus d’intérieur/extérieur. D’où l’émergence d’un ennemi extérieur imaginaire venu d’autres mondes, tel que « l’alien » alias l’étranger, ou d’un danger universel, tel qu’un météorite.

Certains comprennent le phénomène sous un angle aristotélicien.  « L’animal politique » qu’est l’homme est un animal formé par une culture, laquelle ne peut pas se vivre sur un mode universel.  « Avec l’apparition de l’anthropologie contemporaine l’idée de l’homme éclate et se voit complètement relativisée. « L’homme » n’existe pas, il n’existe que des « types culturels humains », foncièrement différents les uns des autres et dont on ne voit plus du tout l’unité sous-jacente. Aussi le problème posé, et qui revient sans cesse dans la confrontation des cultures qui est la nôtre se formule ainsi : La diversité des cultures est-elle un obstacle à l’unité du genre humain ? »[27]

D’autres, dont l’auteur de cet article, pensent qu’une unité humaine est en train de prendre forme, en se confrontant à ses propres technologies dont il lui faudra gérer les conséquences. « L’ennemi intérieur » est le miroir d’une humanité devenue folle, sans contrôle et en un certain sens l’obligera à se construire si elle veut survivre.

 

[1] « Jacques Lacan. Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je telle qu’elle nous est révélée dans l’expérience psychanalytique ». Communication faite au XVIè Congrès international de psychanalyse, à Zürich, le 17 juillet 1949; Nicole Morgan, « L’Humanité au miroir », Gallimard/ UNESCO, Paris, janvier-mars 1996; « Humanity in the Mirror: the Renaissance Creation of Man », Diogenes, printemps 1996.

[2] Marguerite Dupire, « Identité ethnique et processus d’incorporation tribale et étatique ». Cahiers d’Études africaines, 133-135, 1994

[3] Braudel Fernand,  La Méditerranée et le Monde Méditerranéen à l’époque de Philippe II – Armand Colin – 1987

Anne-Marie Thiesse, La Création des identités nationales : Europe XVIIIe-XXe siècle, Seuil, Paris 1999

Braudel Fernand, L’identité de la France, 3 vol., 1. Espace et histoire, 2. et 3. Les hommes et les choses,  Paris, Arthaud-Flammarion, 1986.

Bourdieu Pierre, « L’identité et la représentation. Eléments pour une réflexion critique sur l’idée de région », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, nov 1980.

Levi-Strauss Claude, L’identité, séminaire interdiscipinaire, Paris, PUF, 1977

[5] La conscience du « je » est tardive. On lira sur ce point Danièle Letocha, « Cette obscure clarté tombée du cogito », Archives de Philosophie, L’esprit cartésien, 2001, p. 626-629

[6] Unité et identité de l’homme. 3ème Université européenne d’été, 2003. Cette 3ème Université européenne d’été est organisée par le Centre d’études transdisciplinaires, sociologie, anthropologie, histoire (CETSAH EHESS -CNRS).

[7] « Si, comme le fait justement remarquer Daniel Hernant, Carl Schmitt fut un opposant à la République de Weimar, c’est au fond parce qu’il lui reproche de n’avoir pas le sens de l’ennemi. De son point de vue, l’adhésion au traité de Locarno, à la SDN, au pacte Briand-Kellog, aux plans Dawes et Young, aux projets d’union européenne, n’aboutit qu’à entériner le statut politico-territorial et juridico-financier de 1919. En revanche, il loue le régime national-socialiste d’avoir, lui, le sens de l’ennemi. Aussi fait-il sien le combat du régime sur la scène internationale ». La définition de l’ennemi et la justification de la guerre, Histoire Militaire et Stratégie, Paris. http://www.stratisc.org/strat/strat72_Cumin2-_3.html

[8]  D’où les usages abusifs de l’ennemi lorsque le chef cherche à sauver ou renforcer son pouvoir, dénoncés en 1755 par Samuel Jonhson  « Patriotism is the last refuge of a scoundrel ».

[9] Daniel Hernant, op.cit.

[10] Yves Viltard  « Le cas McCarthy ou la construction politique et savante de l’ennemi intérieur au temps de la guerre froide aux Etats-Unis. Jeux politiques et épistémè » Table ronde « les figures de l’ennemi intérieur ». Congrès de Rennes 1999.

[11] Yves Viltard, op.cit

 

[12]Ayse Ceyhan, Gabriel Peries. L’ennemi intérieur : une construction discursive et politique. Cultures & Conflits Paris automne 2001.

[13] Yves Viltard, op.cit.

[14] Ayse Ceyhan, op.cit.

[15] Daniel Hermant, op.cit.

  1. Roméo Dallaire. J’ai serré la main du diable: La faillite de l’humanité au Rwanda. Outremont, Québec : Libre expression, 2003.

[17] Jean Delumeau, La peur en Occident : XIVe et XVIIIe siècles, une cité assiégée, Paris, Fayard, 1970.

[18] Samuel Huntington. Le choc des civilisations / Samuel P. Huntington ; traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Luc Fidel … [et al.] Paris : O. Jacob, 1997

[19] Ayse Ceyhan, op.cit

[20]  Un monde privé de sens.  Paris : Fayard, 1994

[21] Corporate Warriors: The Rise of the Privatized Military Industry. Cornwell University Press, 2003

[22] « Réprimées par les Nations unies et l’Organisation de l’unité africaine en 1977 puis en 1989, les activités des « affreux » avaient également été entravées par des faiblesses intrinsèques au milieu des soldats de fortune européens. D’une part, et les mémoires des chefs mercenaires en témoignent , le recrutement des mercenaires de l’après-guerre était pour le moins aléatoire. Du Katanga de 1960 aux Comores de 1995, en passant par le Biafra de 1968, il n’est pas rare de retrouver les mêmes baroudeurs vieillissants, les mêmes officiers de réserve issus du contingent, les mêmes ex-sous-officiers des paras commandos belges ou de la Légion étrangère. Des hommes à la formation et à l’expérience parfois réduites, ou encore recrutés du fait de leurs sympathies idéologiques… D’autre part, ces « intérimaires du coup de feu » ne disposaient souvent ni des moyens logistiques nécessaires à la conduite d’opérations d’envergure ni des fonds permettant un recrutement optimal et l’acquisition d’équipements adaptés. Toutes ces faiblesses conjuguées expliquent la piètre qualité de nombreuses « prestations » et la réputation scabreuse des mercenaires. » Philippe Chapleau- Les entreprises para-privées de coercition : de nouveaux mercenaires ?De Bob Denard aux sociétés militaires privées à la Française. Cultures et conflits, n.52, 2004

[23] The Ingenuity Gap. New York, NY : Alfred A. Knopf, 2000.

[24] Robert Kaplan, The coming anarchy : shattering the dreams of the post Cold War. New York: Random House, 2000.

[25] Nicole Schwartz-Morgan. Loose Cannons in Cyberspace. À paraître. McGill Queens University Press.

On lira également l’ouvrage de Stuart Sutherland. The Enemy Within. Penguin 1994

[26] While internal sabotage is a potential problem that will exist as long as companies have employees, there is evidence that although the incidence of insider attacks has increased this year, attacks originating from the outside still pose a greater threat.  A 2002 Computer Security Institute (CIS) survey, released by that organization in conjunction with the Federal Bureau of Investigation last April, showed that among 502 organizations surveyed, 64 percent faced some type of insider attack on their computer systems in 2002, compared with 59 percent in 2001.

Christian Harbulot Christian Harbulot directeur de l’Ecole de guerre économique.

[27] Philosophie et spiritualité, 2004, Serge Carfantan.